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  • Bruxelles : La Basilique de Koekelberg (2)

     

     

     

     

     

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    Dès lors, on commença les travaux de cette immense église qui ne ressemblait en rien à la Basilique que nous connaissons aujourd'hui.

    En effet, les plans retenus, ceux de l'architecte louvaniste Langerock, étaient rien moins que somptueux.  Ainsi, ils prévoyaient la bagatelle de 6 tours de + de 100 mètres dominées par une 7ème de 150 mètres de hauteur.

    Mais, dès le début des travaux, Léopold II, après une visite à Paris, opta pour un édifice du style du Sacré-Coeur de Montmartre.

    Et le temps passa.  Lorsque survint la guerre en 1914, seules les fondations étaient achevées....

    En 1919, le cardinal Mercier se rendit compte qu'il était financièrement impossible de continuer dans cette voie.  Il fallut tout reprendre à zéro.

    On lança un concours pour un édifice + raisonnable...et aucun projet ne fut retenu.

    C'est alors qu'un architecte gantois, Albert Van Huffel, présenta un peu par hasard une maquette qui souleva l'enthousiasme.  Un peu parce que cette construction avait recours à des matériaux pauvres...

    Dès 1926, très lentement, la basilique surgit du sol.

    La Seconde Guerre mondiale vit les travaux s'arrêter.  Détail amusant : les terrains avoisinant le chantier furent cultivés par l'oeuvre du Coin de terre.  Avant la nourriture spirituelle, la Basilique contribua à fournir de terrestres nourritures.

    Le 14 octobre 1959, enfin, elle fut consacrée par le cardinal Van Roey.  Exceptionnellement, le pape autorisa cette consécration, alors qu'elle n'aurait pu l'être que complètement terminée.

    Il fallut encore atteindre plusieurs années pour qu'elle soit complètement finie.  Ce fut un hélicoptère qui clôtura définitivement le chantier en venant déposer, sur le sommet du lanternon qui domine le dôme, à 80 mètres de hauteur, une grande croix en acier inoxydable de + d'une tonne...

     

     

     

     

  • Bruxelles : La Basilique de Koekelberg (1)

     

     

     

     

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    Edifiée sur un plateau, la Basilique domine Bruxelles de son écrasante masse.  Il fut un temps (avant l'apparition des buildings géants et autres tours) où elle s'inscrivait dans le paysage comme le pendant du palais de justice dont elle a le volume.

    Léopold II ne disait-il pas, lorsqu'il parlait de ces 2 colosses : Temple de Justice d'un côté, temple de Miséricorde de l'autre.

     

    Mais, en fait, qui eut l'idée d'ériger cette Basilique ?

    L'histoire nous apprend que l'initiative en revient à Léopold II.  En effet, ce grandiose projet cadre bien avec l'idée que l'on se fait d'un souverain surnommé roi-bâtisseur.

    Et pourtant, à l'origine, les projets étaient différents de ce que l'on peut voir aujourd'hui.

    Le véritable point de départ de la Basilique commence le 15 novembre 1902.  Ce jour-là, Léopold II rentrant du traditionnel Te Deum chanté à Sainte-Gudule, échappe de justesse à un attentat.

    Un anarchiste italien, posté au coin des rues Royale et de la Loi, décharge son pistolet sur le souverain.  Heureusement, un aide de camp réussit à s'interposer (il fut d'ailleurs blessé et l'agresseur est maîtrisé. 

    Il n'empêche : le Roi a eu une fameuse émotion.  La Providence l'a protégé et, en guise de remerciement, il fait le voeu de construire, dans les environs du Cinquantenaire, rue Le Corrège, une église dédiée au Sacré-Coeur.

     

    En ce moment, le souverain ne pense pas encore à une Basilique nationale.  Mais, très vite, il comprend qu'il peut réaliser bien mieux qu'une église.  Et sans bourse délier !

    Oubliée, la rue Le Corrège : il faut voir + grand.  Léopold II est propriétaire d'un immense terrain sur le plateau de Koekelberg, où il envisage de faire construire un Panthéon.  Mais un tel édifice coûte cher, très cher...

    Par une de ces pirouettes dont il a le secret, le monarque offre le terrain à l'archevêché.  A charge de ce dernier d'y construire la Basilique nationale dont les plans sont déjà tracés : un immense édifice néo-gothique hérissé de tours et de clochers.

    Léopold II fait ainsi coup double : pas de Panthéon qui viderait sa bourse, une Basilique nationale payée par l'Eglise, càdire son voeu respecté sans qu'il lui en coûte un liard.

    Calcul astucieux, non ? Mais le cardinal Goossens ne se laisse pas prendre au piège...Il sera néanmoins forcé d'accepter ce marché de dupes, Léopold II ayant pris soin de se faire un allié du nonce de l'époque, Mgr Di Belmonte. 

    Et c'est très satisfait de lui-même que le roi pose la 1ère pierre de l'édifice le 12 octobre 1905.