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  • Bruxelles : Eglise Notre-Dame de la Chapelle (2)

     

     

     

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    Au XVIè siècle, ce furent les troubles religieux.

    En 1566, l'exercice public du culte catholique fut interdit à Bruxelles.  Les Réformateurs occupèrent l'église, puis la transformèrent en 1579 en temple calviniste.

    L'année suivante, les Gueux la pillèrent, détruisant comme il se doit toutes les images et surtout réduisant en miettes le maître-autel qui avait exigé la bagatelle de 35 années de travail...

    L'édifice se transforma dès lors en hôpital et le resta jusqu'en 1585, date où il fut réouvert au culte catholique.

    Les avatars de Notre-Dame de la Chapelle n'en étaient pas terminés pour autant.  Elle allait être l'objet de la "sollicitude" des révolutionnaires français.

    Le 14 novembre 1792, elle fut mise à sac par les sans-culottes, comme d'ailleurs tous les sanctuaires de Bruxelles.

    A leur retour en 1794, les vexations de l'occupant ne connurent plus de bornes : il fallut d'abord livrer tous les vases sacrés.

    En 1795, on interdit la célébration publique de la messe, puis on confisqua tous les biens ecclésiastiques.

    En 1797, l'église fut fermée.  Dans l'état de délabrement où elle se trouvait.  Les intempéries firent le reste...

    En 1851, des travaux de restauration décidés en 1813 débutèrent et prirent fin en 1869.

    Mais il fallut les reprendre en 1933 et 1934, année où l'on devait célébrer son 8ème centenaire.

     

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    Un faux Rubens pour "Boeren Breughel"

    C'est en 1569 que Pierre Breughel le Vieux, dit "Boeren Breughel", qui habitait la rue Haute toute proche (au coin de la rue de la Porte Rouge), fut inhumé dans l'église de la Chapelle, aux côtés de son épouse Marie Coucke.

    Jean Breughel dit de Velours, son fils, commanda un tableau à Rubens qu'il fit placer dans la chapelle où reposait son père.

    En 1765, la fabrique d'église vendit la toile, Le Christ remettant les clés à Saint-Pierre, à un marchand d'Amsterdam, pour la somme de 5000 florins.  A charge pour l'acquéreur d'en faire exécuter une copie à ses frais.

    Celle-ci, d'exécution assez faible, figure encore à la place de l'original.

    On peut aussi y voir le monument funéraire d'Anneessens, ce paroissien de la Chapelle mort en 1719 pour la défense des privilèges des artisans.

    G.Des Marez ( Guide illustré de Bruxelles, Touring Club ) affirme que le sanctuaire est un des + intéressants de Belgique.  Et que l'antiquité d'une de ses parties (XIIè siècle), en fait un des + vieux bâtiments de notre capitale.




     

  • Bruxelles : L'église Notre-Dame de la Chapelle (1)

     

     

     

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    L'église Notre-Dame de la Chapelle, malgré ses proportions de basilique, reste pour les Bruxellois un humble sanctuaire.  Est-ce parce qu'elle se trouve à l'orée d'un quartier populaire ?

    Pourtant, elle accuse aujourd'hui une existence de 879 années.  C'est donc un monument où l'on peut retrouver sans peine nombre de faits de l'histoire du Bruxelles d'antan.

     

    Qui connaît encore aujourd'hui ses origines exactes ?

    C'est en 1134 qu'elle fait son apparition dans les chroniques de notre bonne ville.

    Godefroid le Barbu, duc de Lotharingie, pour récompenser les moines bénédictins de Cambrai de l'hospitalité qu'ils lui avaient prodiguée dans leur abbaye, leur fit don de son franc-alleu, avec ses dépendances, ses étangs et une chapelle, situés à Bruxelles, en dehors de la ville, mais rattachés à la paroisse de Sainte-Gudule.

    Le bâtiment ne représente, à cette époque, qu'un humble lieu de pèlerinage de la campagne brabançonne.

    Godefroid le Barbu commit une erreur de taille : il affranchit la chapelle de tout pouvoir civil et ecclésiastique.  Ce qui ne fut pas vu d'un bon oeil par le chapitre de Sainte-Gudule qui ne cacha pas son mécontentement et mena la vie dure aux moines de Cambrai, ces intrus établis sur le territoire de leur paroisse.

    Le différend finit néanmoins par s'aplanir.

    Fin 1135, un concordat était signé entre les parties.  Cet acte était en fait un compromis qui autorisait l'abbé de Cambrai à désigner un prêtre pour le service paroissial, à la condition expresse que celui-ci fasse sa soumission au chapitre de Sainte-Gudule.

    Les questions de préséance ainsi réglées, restait à trouver une solution au problème financier.  Le texte du concordat souligne en conséquence que l'officiant de la chapelle ne pouvait célébrer les funérailles que des moines et des habitants des 2 sexes qui demanderaient l'habit religieux à l'article de la mort.

    Dès 1210, suite à l'augmentation de la population, formée en grande partie d'artisans adonnés à l'industrie drapière (surtout des tisserands) qui ne tardèrent pas à s'installer au-delà de la Steenpoort, le sanctuaire fut érigé en église paroissiale à part entière.

    Il devint indépendant de la paroisse de Sainte-Gudule à la condition expresse de payer 15 livres par an pour le rachat des dîmes.

     

     

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    Comment se présentait le sanctuaire primitif ?

    Impossible à établir, un incendie ayant ravagé de fond en comble, en 1405, l'église romano-ogivale et surtout l'humble chapelle romane.

    Si l'on en croit les spécialistes architecturaux, l'édicule accolé au transept sud pourrait être un vestige de la construction de 1134.

    Sur l'emplacement des ruines, on éleva un nouveau sanctuaire en style gothique flamboyant.  Les travaux débutèrent en 1420 et se terminèrent 1 siècle + tard en 1508 par l'érection de la tour.