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  • Anecdotes : Les gagne-petit des années 1880

     

     

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    Les gagne-petits dans les années 1880 :

     

    Dans les rues, à partir du printemps, on pouvait voir apparaître toute une série de personnages qui faisaient la couleur et la truculence de Bruxelles.

    On les trouvait en plein air, exerçant leur métier de gagne-petit avec une conscience professionnelle qui faisait l'admiration des passants.

    Leur existence dépendait d'abord du temps, puis de l'intérêt du public.

     

    1/ La marchande de soupe :

    Elle tient table d'hôte en plein vent, sous un arbre.  Chaque jour, elle dispense à une clientèle fidèle une soupe qui fait le bonheur de tous.  Une soupe épaisse, à couper au couteau, où nagent légumes, et, si c'est un jour de chance, qq morceaux de viande graisseuse.

    Elle est la providence de ceux qui n'ont pas les moyens de faire bouillir la marmite par manque de poêle ou de charbon.  Le matin, elle fournit à ceux-ci un pot d'eau chaude pour faire le café.  Dont coût : 3 centimes.

     

    2/ Le honnendeef :

    Ce métier est connu dans les Marolles sous l'appellation de honnendeef, autrement dit voleur de chiens ( ce surnom provient du fait que les honorables membres de cette profession se chargeaient aussi de capturer les chiens errants et de les livrer à la fourrière communale, voire de les vendre à des laboratoires de vivisection ..pas bien, ça !! )

    C'est ainsi en tout cas que le désigne la rumeur populaire.  En fait, il s'agit d'un métier plutôt hors du commun : toiletteur pour chiens.

    Pour qq centimes et en un tournemain, il tond un caniche, bichonne les oreilles crottées d'un épagneul.  Ce Figaro de la race canine leur rogne aussi les ongles lorsque c'est nécessaire et (mais oui !) leur brosse vigoureusement les dents.

    Il a la main aussi ferme que légère car il n'est pas un cabot, dans sa clientèle, qui ne se laisse faire avec plaisir..

     

    3/ La cireuse de bottines :

    Probablement la seule représentante du sexe faible à exercer le métier de cireur de chaussures en plein air !

    Pas un Bruxellois digne de ce nom qui ne connaisse la silhouette menue de Moeder Treiske, adossée au mur arrière de la Bourse où elle attend le chaland.

    Treiske n'a pas sa pareille, malgré son âge avancé, pour manier la brosse à reluire.  Sans tâcher les guêtres de sa clientèle !

     

    4/ Les récureuses de rue :

    Chaque matin que le Bon Dieu fait, avant même que le soleil se lève, les ménagères sont dans la rue pour récurer trottoirs et chaussées.

    Celles qui ont les moyens de s'offrir une ancillaire se déchargent de cette occupation sur une mercenaire payée pour un travail au-dessous de leur dignité bourgeoise.

    Mais, chez les riches comme chez les pauvres, trottoirs et pavés seront reloquetés tous les jours. Avec une conscience et un acharnement qui font l'étonnement des étrangers de passage.