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  • Bruxelles : La kermesse de Bruxelles (1)

     

    La kermesse de Bruxelles d'antan, c'est notre actuelle Foire du Midi.  Son origine remonte haut, très haut dans le temps.

    Au XIVè siècle, affirment de sérieux historiens.  Elle s'ouvrait après la procession du saint sacrement du Miracle, instaurée après le sacrilège des hosties par les Juifs.

     

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    Que voyaient donc nos arrière-grands-pères "sur" la kermesse de Bruxelles ?

    Selon le regretté Louis Quiévreux, un des + grands spécialistes de la petite histoire de notre ville, voici ce qu'il a recueilli dans de vieilles collections de journaux..

    1/ "Après la guerre franco-prussienne de 1870, on remarquait, à la Foire, le Théâtre des Galériens. 

    De l'extérieur, on voyait des barreaux, des chaînes, éclairés lugubrement par des bougies. A l'intérieur étaient de sinistres cellules habitées par des marionnettes habillées en galériens. 

    Mises en mouvement par un système ingénieux, elles exécutaient des travaux de forçats.  Le clou était la "scène" du repentir jouée par 2 bagnards mourants et 2 Jésuites occupés à les convertir ! "

     

    2/ La chaudière du Diable :

    " L'enfer était très couru.  Qd la toile se levait, le spectateur se trouvait au séjour des maudits. 

    Un Pluton, en costume rouge et noir, armé d'une baguette magique, excitait des démons à torturer le boulanger qui nous a donné la colique, le marchand de grains qui a spéculé sur la faim des pauvres, l'avocat menteur, le boucher voleur, la cuisinière qui s'entend avec le boucher et le carabinier qui s'entend avec la cuisinière....

    En apothéose, le chef des démons demandait au public s'il avait, lui aussi, mérité la chaudière.  Le public, charmé d'avoir vu clouer les profiteurs au pilori, hurlait en choeur : Non, bon Diable, pas de chaudière pour nous ! Et le Diable recommençait à la séance suivante....

     

    3/ La galerie des Phénomènes :

    Rien de nouveau sous le soleil : les "phénomènes" connaissaient déjà un très vif succès.  Les badauds bruxellois, en 1875, pouvaient admirer, bouche bée, la Jolie mulâtresse ( une mule dont on avait consciencieusement tressé la queue ) et Mademoiselle Fathma, native de Blidah, âgée de 17 ans, ayant une barbe naissante.

    Quant à Mademoiselle Marie, la femme-tronc, si l'on en croit l'avis affiché à la porte de sa baraque, elle est parvenue, à force de travail, à exécuter, à l'aide de la bouche, ce qui se fait ordinairement avec les mains.  Ce qui amenait un sourire entendu sur le visage de certains petits pervers.