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  • Bruxelles : La kermesse de Bruxelles (2)

     

     

     

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    4/ C'est en 1881 que triompha la Femme locomotive.  Elle était présentée dans une sorte de tonneau, habillée d'une défroque d'opéra-comique. 

    Elle tendait aux chalands une baguette métallique.  Dès qu'un spectateur + hardi que les autres s'aventurait à la toucher, il en jaillissait une longue étincelle.  La Femme locomotive était tout simplement reliée à une bobine de Rumkorff !


    5/ Mademoiselle Hélène domptait ses puces de main de maître.

    Juste à côté de sa baraque, on trouvait l'Oasis sacrée, où  l'on représentait des scènes bibliques.  A la sortie, les clients de cette bizarre attraction se voyaient remettre des brochures de propagande religieuse par un clergyman + vrai que nature.

    En 1887, le célèbre Musée Spitzner eut l'honneur de voir arriver le docteur De Paepe avec 40 de ses élèves, à qui il montra les richesses du cabinet.  Celles-ci comprenaient des peaux humaines tannées...

     

    6/ Jusqu'à la fin du siècle dernier, la kermesse de Bruxelles avait son extension aux Marolles, dans la rue Haute.  Là, tous les amusements folkloriques et satiriques étaient permis.

    On y voyait Lowie, roi des Marolles habiljé en Godefroid van Bouillion, perché sur un cheval de trait.

    Le bon peuple s'esbaudissait devant un schèreschliep (rémouleur) qui aiguisait, suivant la coutume médiévale, la langue des meilleures lameire (commères) du quartier.

    Et on huait 2 gendarmes à cheval qui traînaient un pauvre Marollien arrêté pour un délit mineur.

    Pour permettre aux visiteurs de se remettre de leurs émotions, nombre de charrettes et de femmes-colporteuses proposaient des crevettes, des crabes, des mastelles, des chinese klûten (escargots).

    La marchande d'oeufs durs avait son cri caractéristique : "Gooie vésche èt âre, beleefd er eemand !" (Ils sont bons et frais, croyez-le !).  En ce temps-là, les moules n'avaient pas encore fait leur apparition sur le champ de foire.

    Oui, la kermesse de Bruxelles, ce fut tout cela et bien d'autres choses encore.  La Foire du Midi, c'est certain, perpétue aujourd'hui la tradition.  Mais elle n'est plus qu'un pâle reflet des kermesses d'antan...

     

  • Bruxelles : La kermesse de Bruxelles (1)

     

    La kermesse de Bruxelles d'antan, c'est notre actuelle Foire du Midi.  Son origine remonte haut, très haut dans le temps.

    Au XIVè siècle, affirment de sérieux historiens.  Elle s'ouvrait après la procession du saint sacrement du Miracle, instaurée après le sacrilège des hosties par les Juifs.

     

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    Que voyaient donc nos arrière-grands-pères "sur" la kermesse de Bruxelles ?

    Selon le regretté Louis Quiévreux, un des + grands spécialistes de la petite histoire de notre ville, voici ce qu'il a recueilli dans de vieilles collections de journaux..

    1/ "Après la guerre franco-prussienne de 1870, on remarquait, à la Foire, le Théâtre des Galériens. 

    De l'extérieur, on voyait des barreaux, des chaînes, éclairés lugubrement par des bougies. A l'intérieur étaient de sinistres cellules habitées par des marionnettes habillées en galériens. 

    Mises en mouvement par un système ingénieux, elles exécutaient des travaux de forçats.  Le clou était la "scène" du repentir jouée par 2 bagnards mourants et 2 Jésuites occupés à les convertir ! "

     

    2/ La chaudière du Diable :

    " L'enfer était très couru.  Qd la toile se levait, le spectateur se trouvait au séjour des maudits. 

    Un Pluton, en costume rouge et noir, armé d'une baguette magique, excitait des démons à torturer le boulanger qui nous a donné la colique, le marchand de grains qui a spéculé sur la faim des pauvres, l'avocat menteur, le boucher voleur, la cuisinière qui s'entend avec le boucher et le carabinier qui s'entend avec la cuisinière....

    En apothéose, le chef des démons demandait au public s'il avait, lui aussi, mérité la chaudière.  Le public, charmé d'avoir vu clouer les profiteurs au pilori, hurlait en choeur : Non, bon Diable, pas de chaudière pour nous ! Et le Diable recommençait à la séance suivante....

     

    3/ La galerie des Phénomènes :

    Rien de nouveau sous le soleil : les "phénomènes" connaissaient déjà un très vif succès.  Les badauds bruxellois, en 1875, pouvaient admirer, bouche bée, la Jolie mulâtresse ( une mule dont on avait consciencieusement tressé la queue ) et Mademoiselle Fathma, native de Blidah, âgée de 17 ans, ayant une barbe naissante.

    Quant à Mademoiselle Marie, la femme-tronc, si l'on en croit l'avis affiché à la porte de sa baraque, elle est parvenue, à force de travail, à exécuter, à l'aide de la bouche, ce qui se fait ordinairement avec les mains.  Ce qui amenait un sourire entendu sur le visage de certains petits pervers.